Espagne : A la recherche d’un diagnostic medical…

Posted by in Perso, Social, Tous les articles on nov 8, 2011

Espagne : A la recherche d’un diagnostic medical…

Pire que l’émission de M6, je vais vous raconter comment j’ai testé, malgré moi, le système de santé espagnol. Mais pour que vous compreniez bien, il faut que je vous raconte étape par étape mes péripéties :

  • Jeudi 20 octobre : comme beaucoup le savent, jeudi, c’est le jour des sorties! Début de soirée, tout va bien, jusqu’à un moment précis où en dansant, je repose -assez violemment- mon genou et … crack, un bon craquement bien audible, un peu comme si l’on marchait sur des branches d’arbres! Pour vous décrire ma sensation, j’ai eu l’impression que le sol se dérobait sous mes pieds et que j’allais m’écrouler. Ça fait vraiment bizarre de ne plus se sentir soutenu par ses jambes. Suivi le choc, je me tiens le genou, sors dehors à l’aide d’amis et m’assieds par terre. Durant les 10 premières minutes qui ont suivi, j’ai cru pendant un instant pouvoir encore plier le genou. C’était peine perdue. Donc direction le taxi et la maison. Glace sur le genou, et dodo.
  • Vendredi : Je me réveille avec toujours cette douleur et ressent une sorte de chaleur dans le genou. Ne pouvant toujours pas plier la jambe et mon genou ayant considérablement gonflé, je me rends à l’hôpital le plus proche à l’aide d’une amie. C’est à ce moment là que les ennuis commencent… « Hospital 12 de Octubre » de Madrid, à une station de métro de chez moi, quelle « chance » (cf. la station de métro en photo d’illustration). Ma propriétaire m’avait vanté cet hôpital implanté juste à côté de chez moi, mais je ne pensais pas un jour le visiter. N’ayant pas de rendez-vous, je vais directement aux « Urgencias » afin de me faire examiner. Arrivée tant bien que mal, une infirmière me pose dans un fauteuil-roulant et laisse le soin à ma copine m’accompagnant de se rendre à l’accueil pour signaler mon entrée. Carte d’identité et carte européenne d’assurance maladie sont demandées et il faut ensuite expliquer ce qu’il s’est passé. Une fois la première paperasse terminée, on m’accompagne dans une première salle d’attente et me fournit une feuille avec des autocollants (j’avais l’impression de revoir les autocollants à coller sur les copies le jour du Bac) ainsi qu’un magnifique bracelet avec mon nom écrit dessus. Au cas où hein. Commence l’attente… Bon j’étais préparée mentalement car je suis déjà passée par les urgences françaises pour d’autres choses auparavant. Après une bonne demi-heure (plutôt rapide même), je suis appelée par un premier médecin pour m’analyser. Je rentre en fauteuil-roulant dans un box, où compresses de sang gisent au sol et aperçois des tâches de sang sur le lit d’examen, rassurant, n’est ce pas?!  Le médecin me redemande ensuite ce qu’il s’est passé avant de m’ausculter en me faisant faire des mouvements à mon genou. Après quelques mous perplexes et quelques questions, il m’a dit que je vais allée faire une radiographie. Parfait, allons-y. Alors je ne sais pas si vous avez déjà eu l’occasion de faire une radio dans votre vie, mais dans mes souvenirs, on se pose sur une machine, on nous explique et ensuite on démarre la radio. Bon là ça a été un peu plus rapide. Je rentre, m’assois, la dame de l’autre côté de la vitre me fait des signes pour ne pas que je bouge, 1…2…3… elle sort, fini! Bon bah au moins c’est rapide, c’est déjà ça. Ensuite re-attente pour les résultats de la radio. 1h plus tard, je suis rappelée pour aller voir le même médecin. Après examen de ma radio, ce dernier me dit que ce n’est déjà pas les os puisqu’il ne voit rien d’alarmant. Il tente ensuite tant bien que mal de m’expliquer dans un espagnol médical (car oui je comprend l’espagnol, mais l’espagnol médical, moyen) : « Pienso que es el menisco ». Je retiens ce mot, le ménisque. Ah sacré cartilage qui apparemment en aurait pris un coup hier soir. N’étant pas certain du diagnostic, il me dit que je dois prendre rendez-vous au plus vite dans un « Centro de Salud » (Centre de Santé), qui me dirigera vers un spécialiste en « traumatologia » (traumatologie). Tout paraissait clair comme de l’eau de roche. Avant de partir, il me dit qu’on va venir me bander le genou et me montre de la cheville à la cuisse. Effectivement, il ne s’était pas trompé, je suis repartie avec un bandage à faire pâlir les momies.
  • Je rentre ensuite chez moi, pressée de me poser et de m’asseoir. Une copine va ensuite prendre rendez-vous pour moi dans le « Centro de Salud » le plus proche. Et tadam… rendez-vous le 7 novembre! Ô joie, presque trois semaines d’attentes pour un simple rendez-vous chez le médecin.
  • Les premiers jours, je subis mon sort et reste enfermée chez moi avec un sachet de glace sur le genou et mes anti-inflammatoires qui me font dormir 12 h par nuit. Ensuite fatiguée d’attendre (oui je suis impatiente), je demande conseil en France où l’on me dit que je devrais passer un IRM pour voir l’état de mes ligaments et de mon ménisque.
  • Le mardi suivant, soit donc 6 jours après l’accident, je me rends dans un hôpital de Madrid où existe des urgences « traumatologia ». Tiens ça a la même nom que l’endroit où l’autre médecin m’a dit de prendre rendez-vous. Je m’y rends donc, en béquille, et après presque 1h de métro, arrive à ce fameux hôpital et me renseigne à l’accueil des urgences. J’explique que je suis étudiante française Erasmus, que je me suis fait mal jeudi, que je dois attendre presque 3 semaines pour avoir un autre rendez-vous, que j’ai mal et que je ne sais pas quoi faire. A la fin de mon discours en espagnol « francisé », elle me fait clairement comprendre en espagnol : écoutez, on peut rien faire pour vous. On ne peut pas vous accepter aux urgences, si vous voulez aller plus vite, allez dans le « privado ». Ok, donc en gros, si je veux être soignée, ou même rien que savoir ce que j’ai, je dois aller dans une clinique privée et payer. Sauf que payer et étudiant ne font pas bon ménage. J’appelle donc en renfort une française qui vit en Espagne depuis 18 ans et que j’ai rencontré auparavant pour savoir si cela est normal de se faire refuser des urgences. Elle me répond que non et que je devrais retourner dans le premier hôpital où je suis allée. Prise d’une soudaine motivation, je me rends donc directement dans le fameux hôpital près de chez moi. Nouvelle attente, nouveau bracelet nominatif, je suis ensuite réexaminée par un médecin, qui regarde mon dossier, me refait les mêmes tests que la première fois, et en conclut que ça doit être … le ligament antérieur. Nouveau diagnostic à base du même examen. Bizarre. Le médecin tente quand même de me rassurer en disant qu’il ne peut pas être rompu mais seulement distendu. Mais n’étant pas sur, il me dit que je dois attendre ce fameux rendez-vous pour réellement savoir. J’attendrai donc, quoi qu’il arrive.
  • Le 7 novembre arrive finalement. En plus de deux semaines, j’ai quand même senti des améliorations puisque je peux à présent plier un peu plus le genou. Mais toujours pas assez pour marcher normalement, je boite donc, assez handicapant quand on habite dans une ville où le seul moyen de transport est le métro. Je me rends donc pleine d’espoir dans le « Centro de Salud » près de chez moi pour enfin savoir ce qui ne va pas dans mon genou. 1er étage, je n’attends pas et suis prise immédiatement. Je rentre alors dans la salle d’examen où se trouve le fameux médecin et deux étudiantes (selon mes suppositions). Je lui explique ce qu’il m’est arrivé, il regarde ma radio, me demande ensuite de m’asseoir pour m’examiner. Je lui propose de remonter mon pantalon afin qu’il voit mon genou enfoui sous la genouillère et mon jean. Il me fait comprendre que cela n’est pas nécessaire et commence l’examen en essayant de plier mon genou, de la même manière que les deux premières fois à l’hôpital. 30 secondes plus tard, il retourne à son bureau, parle à ses étudiantes, et me fait me rasseoir. Il m’explique ensuite très rapidement que ça doit être le « menisco » et donc que le gonflement c’est le liquide du ménisque. Je tente alors de poser des questions : combien de temps cela va prendre? qu’est ce que je dois faire? etc.? Il me répond à peine, signe une feuille et me fait comprendre que je dois partir. Dépitée, ne sachant plus quoi répondre en espagnol, je quitte donc la salle d’examen. Voilà, 19 jours d’attente pour… 2min30. Et surtout pour me dire que « apparemment c’est le ménisque », merci de l’info, je le savais déjà depuis… le premier jour en fait. Mais je veux de la certitude, ce qui est apparemment trop demander ici. Le pire de tout, c’est que j’ai du ensuite attendre 1h à l’accueil, ticket n°320 en main, pour avoir un autre rendez-vous. Un rendez-vous, pourquoi faire?! Je ne sais pas, au vu de l’efficacité du premier. Ce sera donc le 18 novembre, soit presque un mois après ma blessure. Saurais-je enfin ce que j’ai?! Affaire à suivre…

 

P.S. : après renseignements auprès d’espagnols, il semblerait qu’il faille avoir une assurance spécifique pour avoir des examens à l’hôpital. Sans assurance, pas d’examen et de l’attente à n’en plus finir. Vous savez donc quoi faire?! Faites attention en dansant ;)

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